DAVID DEILLON – Cavalier professionnel

Que voulez vous que je vous dise! J’ai pris goût aux interviews! D’autant plus qu’on en apprend beaucoup..!

C’est avec autant de plaisir que je vous parle aujourd’hui de David Deillon, cavalier professionnel international suisse. Que vous avez peut-être eu la chance d’apercevoir au Grand Prix CHI5* de Genève, au CSI5* de Zurich et sur bien d’autre terrains encore, il y a quelques années! Je vous invite, si vous voulez en apprendre un peu plus sur cette perle du CSO, à consulter son site internet, avant d’entreprendre la lecture de cet article 🙂  : www.david-deillon.com

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J’ai donc, eu la chance de pouvoir lui poser des questions, que voici: 

– Une attirance depuis vos plus jeunes années pour le CSO de haut niveau, pouvez-vous nous exprimer cette préférence pour cette disciMilou Premier Concourspline?

A l’origine, je n’avais pas vraiment pensé au saut d’obstacles. J’ai commencé à monter à cheval en 1993, parce qu’une amie pratiquait ce sport. Toutefois, je n’ai réalisé mon premier concours officiel qu’en 1998
, à poney. J’ai passé énormément de temps, notamment lors de stages d’été, à m’occuper des chevaux, à leur faire des soins, à aller en promenades, à faire les cuirs etc. C’est toujours sur l’impulsion de cette amie que j’ai essayé et commencé les cours de saut. Dès le premier cours, cela m’a vraiment plu et j’ai tout de suite voulu en faire plus! J’ai regardé avec émerveillement chaque édition du CHI de Genève, à Palexpo, en me disant qu’un jour je monterai aussi sur cette piste. Un rêve que j’ai déjà pu réaliser trois fois… pour le moment 😉

Ce qui m’a plu au début, quand j’étais très jeune, c’était la sensation de sauter et de franchir un obstacle. De manière plus générale, j’aime beaucoup le fait de devoir travailler le cheval sur le plat, de voir une évolution sur le long terme et de créer des liens avec sa monture. J’apprécie en outre la sensation d’être dans une « bulle » et de ne faire qu’un avec le cheval. Il vous écoute et vous devez faire plusieurs choses à la fois afin d’arriver à un abord parfait pour réaliser un bon saut sur l’obstacle et en définitive un bon parcours.

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Pour moi, la sensation que vous avez à l’abord d’un obstacle, au dessus et à la réception, est juste impressionnante. Le plus remarquable est de sentir la puissance, la technicité et surtout la volonté du cheval.

Je suis d’avis que réaliser un parcours, c’est comme résoudre un « problème » ou une « énigme ». Il faut trouver les bonnes conversions, les bons contrats de foulées, le bon rythme, tout cela au bon moment et sans seconde chance ! Une des grandes particularités de notre sport est qu’aucun parcours n’est le même. C’est ce qui le rend très difficile mais aussi très intéressant.

– En effet vous avez toujours connu le haut niveau, ayant fait partie, auparavant de l’équipe Suisse Junior puis l’équipe Suisse des Jeunes Cavaliers et de l’élite. Vous avez donc une grande expérience de la compétition. Comment gérez vous le stress? N’est-il présent qu’avant de rentrer en piste?

_B7G4309La gestion du stress, tant du cavalier que du cheval, est une très grande partie de la compétition. J’ai toujours dû faire avec et me débrouiller comme je pouvais, mais le plus important est de se connaître soi-même. Je regrette presque ne pas avoir connu plus tôt ma coach mentale actuelle, avec qui je travaille depuis plus de 3ans. J’ai toujours eu envie de faire les choses bien et cela me procurait plus de stress. Avec le temps, j’ai toutefois appris à avoir confiance en moi et surtout à garder ma concentration en me focalisant sur mes objectifs.

Si l’on a un protocole bien défini à l’échauffement, que l’on travaille bien son cheval sur le plat, à la gym à la maison, le stress est bien moindre en compétition.

Pour répondre à votre question, plus on avance dans notre carrière, plus on apprend à gérer ce stress. Comme chaque parcours est différent, tant par le tracé que par les événements qui se présentent à nous, plus on fait de parcours, plus on apprend à gérer les différentes situations. Cela réduit petit à petit le stress. C’est pareil avec son cheval, plus on connaît son cheval, plus il aura confiance en vous. Actuellement, j’arrive à gérer mon stress avec l’expérience, parce que je connais ma jument depuis longtemps et que je sais (souvent) quoi faire à tel moment, même si je pense qu’en tant que cavalier nous n’avons jamais fini d’apprendre et que l’on peut toujours améliorer sa monte.

Lorsque l’on est dans l’équipe suisse, il y a également toujours un stress en relation avec les résultats mais aussi en relation avec la qualification pour les championnats, la concurrence accrue, les sélections… C’est un facteur stress important, qui est assez difficile à gérer, ce d’autant lorsqu’on est jeune. Avec le recul, je dirais que c’est à ce moment-là que le stress était le plus présent pour moi.

Personnellement, j’ai toujours un petit stress avant de rentrer en piste. Même lors d’un Grand Prix, je préfère ne pas trop regarder les autres concurrents et rester concentré sur les décisions que j’ai prise pendant la reconnaissance du parcours. Je précise que le stress n’est pas toujours négatif. A mon avis, il faut toujours un petit stress qui nous anime et nous permet d’avoir cette concentration, cette spontanéité, cet instinct dont on a besoin en parcours.

– Vous avez repris vos études de façon à travailler en parallèle du métier de cavalier professionnel. Comment gérez vos deux activités? Pouvez vous nous décrire une journée type?10420238_10152602961783052_4072809470350785964_n

Vous êtes une des rares personnes à avoir compris que j’entends poursuivre deux activités en parallèle.
En effet, les gens croient souvent que j’ai arrêté l’équitation ou ne comprennent pas ce que je fais… Pourtant, de nos jours, nous avons la possibilité d’avoir deux activités à plein temps. Je vous répondrais donc exactement de la même manière que lors de mes entretiens d’embauche. La clé pour pratiquer deux activités, c’est simplement d’être organisé. Je demande à mon employeur d’être flexible, de me laisser partir en compétition si besoin ou de pouvoir partir si tout d’un coup une urgence se présentait au manège pour mes chevaux. A l’inverse, je ne compte pas mes heures lorsque qu’il s’agit de rester au bureau pour terminer une tâche. C’est donc donnant donnant.

Il est difficile de décrire une journée type, dès lors que mon emploi du temps a beaucoup varié ces trois dernières années. C’est d’autant plus vrai que j’ai maintenant terminé de suivre les cours en classe, ma formation se terminant par un stage. Dans tous les cas, le principe reste cependant le même, je monte soit le matin très tôt, soit le soir, parfois tard. Si par exemple je monte le soir, mes chevaux vont au marcheur le matin. Je me lève alors à 7h, prends le train pour Genève (ou Neuchâtel) et commence le travail à 9h. En fin de journée, je suis de retour entre 19h30 et 20h à la maison et je vais au manège pour monter un ou deux chevaux. Cela dépend de mon heure d’arrivée. J’ai la possibilité de travailler deux fois par semaine depuis chez moi, ce qui me permet d’être à 17h à l’écurie et de monter facilement deux chevaux. Ma fiancée monte un de mes trois chevaux. Elle m’aide aussi lorsque je n’ai pas le temps. Comme je l’ai dit, tout est une question organisation. Je trouve encore un peu de temps pour d’autres projets et activités le weekend ou tard le soir. Actuellement, j’espère pouvoir monter ma propre société en parallèle de ces deux activités.

– Des hauts, et de beaux souvenirs tel le CSI***** de Genève en 2011 où Opale d’Emm, s’est classée 5e. Et où vous avez obtenu les meilleurs résultats Suisse! Mais y-a-t’il eu aussi des bas?

HiDef_Genève_04Effectivement, ce classement à Genève restera pour toujours gravé dans ma mémoire  Cette année là, j’ai aussi gagné le Grand Prix U25 à Chevenez, ce qui m’a permis de participer au CSI de Frankfurt en plus de Genève.

En ce qui concerne l’année 2011, je n’ai pas de mauvais souvenir  De manière générale, il y a certainement des hauts et des bas mais je me concentre sur le positif et ne m’attarde pas sur le négatif. Avec le recul, je ne garde que les hauts.

Sur le moment, c’est toujours important d’analyser ses parcours pour se rendre compte de ce qui n’a pas fonctionné pour aller de l’avant. Je fais donc filmer tous mes parcours sans exception et les analyse méticuleusement après m’être occupé de mon cheval. Par ailleurs, il faut se souvenir que c’est en faisant des erreurs que l’on apprend !

– Quels sont vos prochains objectifs?

Mon objectif à long terme est le même depuis toujours, c’est-à-dire de pratiquer mon sport dans le respect de l’animal et surtout de le pratiquer de manière juste. Cela fait maintenant sept ans que j’ai Opale d’Emm et c’est en la ménageant que j’ai réussi à l’avoir en forme aussi longtemps.

Pour cette année, j’espère pouvoir sortir Opale jusqu’au niveau Grand Prix, mais ne veux rien forcer. L’année passée, j’ai pu la prendre à quelques reprises, puis ai dû y renoncer compte tenu d’un petit problème de santé. Pour moi, la santé d’Opale passe avant tout et j’ai préféré courir en fonction de sa forme du moment.

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Un autre objectif de cette année est de faire des internationaux et avant tout de prendre du plaisir, c’est le plus important 🙂

Mon objectif à court et long terme est de trouver un sponsor/mécène, qui partage ma vision de ce sport, et qui me permettrait d’atteindre le niveau que j’ai connu, et plus haut encore. Je suis persuadé que l’on peut atteindre un niveau encore plus élevé grâce à l’harmonie entre le cavalier cheval tout en ménageant ses montures. Bien sûr cette manière de faire comporte quelques « sacrifices », tel que par exemple le fait de ne pas forcément toujours réaliser des parcours sans pénalité. Je regrette que d’autres ne partagent pas cette même vision.

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En outre, j’aimerai à nouveau faire partie de l’équipe Suisse Elite, participer à d’autres Prix des Nations et remonter au CHI de Geneva Palexpo. Je sais cependant que pour réaliser ces objectifs, je dois pouvoir bénéficier d’une infrastructure importante – que j’ai connu en 2011 notamment (voir mieux encore) – en terme de chevaux, installations, sponsors. La réalisation de ces objectifs demande en effet beaucoup de ressources notamment en temps et en argent. C’est l’une des raisons qui m’a poussé à reprendre mes études afin de trouver le financement 😉

J’espère que cet article vous a plu! Je vous incite vraiment à découvrir, redécouvrir et bien sur faire découvrir ce jeune talent du CSO ! 

Pour le suivre:

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